
Notre histoire
D'abord et en bref, une vidéo datant de 2017, alors que l'association s'apprêtait à vivre la transition la plus essentielle de son histoire.
L’association des Cadets de Bretagne est le plus vieux patronage français. Se cachent derrière cette longévité flatteuse des décennies d’Histoire ponctuées par des petits ou des grands événements, à l’échelle de la ville ou du pays.
Cet historique nous permet de saluer l’investissement de toutes celles et de tous ceux qui se sont engagés dans cette longue histoire : merci.
Une histoire vieille de 180 ans
Remontons d’abord le temps jusqu’à 1840. Dans une société autrefois profondément religieuse, c’étaient souvent les hommes d’église qui s'emparaient des sujets sociaux et qui s’investissaient auprès des populations paupérisées, notamment. Là alors naîtra l’Oeuvre de notre-Dame de Toutes Grâces, dont le très pieu but fut de «participer à l'éducation chrétienne des jeunes travailleurs».
Et, c’est le 9 mai 1858 que la nouvelle Œuvre s’installe durablement à Rennes, dans des locaux au 45 faubourg d’Antrain, là-même où nous évoluons encore. Alors, sous l’impulsion de l’Abbé Bourdon (nouvelle fenêtre) et avec le soutien de certains élus locaux, commencera à prospérer L’Œuvre de Notre Dame de Toute-Grâce qui, à l’époque, était reconnue comme le seul établissement consacré à la jeunesse de la ville.




Voici quelques si vieux souvenirs.

Dernier témoin de cette lointaine époque, notre "Maison Étoilée", construite en 1862 comme conciergerie. C’est, depuis, un bâtiment classé qui attend sa seconde vie.
Pour la première
fois Cadets
En 1906, à l’occasion d’une compétition de gymnastique angevine, des membres de l’Oeuvre concourent comme Cadets de Bretagne. C’est vraisemblablement dès lors que le sobriquet se diffusera avant de définitivement s’imposer dans les années qui suivront comme l'appellation qualifiant les sections sportives de l’Oeuvre. Les premières vibrations sportives de l’Oeuvre de Toute-Grâce seront très liées à la gymnastique et aux fédérations sportives des patronages français : leur réseau permettra la multiplication des manifestations sportives dès 1901. Un premier point d’orgue sera atteint en 1904 avec la réunion de 4.000 gymnastes des patros’ au Vélodrome d’Hiver. La Bretagne sera représentée par les athlètes de Fougères et ceux de Toute-Grâce. Toujours parmi les patronages, cette fois-ci bretons, l’activité football gagne la reconnaissance des amateurs de toute la région en se plaçant systématiquement en haut des tableaux dès années durant (et déjà sur les terrains de la Motte-Brûlon). Parallèlement, des Cadets (comment se surnomment alors les sportifs de l’Oeuvre) commencent à performer dans moult disciplines : en athlétisme et en boxe, notamment. Aussi, l’on commence à compter de très bons acteurs au sein d’une jeune activité théâtre au riche répertoire. Aussi, la musique devient omniprésente et d’une certaine manière associée à la pratique sportive tant La Clique (composée de tambours, de clairons, de fifres) accompagne aussi systématiquement que possible les sportifs lors de leurs compétitions. Autrement, toujours en musique et cela encore pour de belles et longues années, l’Oeuvre comptera des chanteurs, des poètes et des musiciens renommés localement. Les spectacles étaient fréquents, désintéressés et ravissaient alors les populations, les familles.


La section gymnastique, adultes et pupilles, d'alors.



Quelques images qui ne sont pas si vieilles. Ici, l'on voit les héritiers des premiers compétiteurs Cadets, 60 ans après la compétition de 1906.
Une nouvelle guerre
Évidemment et tristement, la première guerre mondiale viendra entamer ce bel élan (malgré de beaux résultats quand même -un seizième de finale de Coupe de France contre une équipe du Stade Rennais qui jouait son tout premier match, par exemple-, mais si anecdotiques comparés au drame qui se jouait à l’Est).
On écrivit, plus tard, que «les jeunes de 18, 19, 20 ans s’en allaient un par un et tombaient deux par deux». Mais quelle tristesse. Pendant toutes ces années noires, l’abbé Jarry (nouvelle fenêtre), qui avait repris le flambeau de l'abbé Bourdon, ne manqua pas d’écrire de nombreuses fois à tous ses Cadets qui mourront par dizaines dans les champs. Les soldats en permissions viendront aussi trouver du réconfort au sein de l’Œuvre et s’en retourneront au front un brin réconfortés. L’Œuvre ne manquera jamais de rendre hommage à ses 47 enfants tombés ces années-là : ceux-là ont rejoint ceux morts en 1870, déjà. Notons qu’à cette époque-là et même avant, la société et l’Œuvre étaient assez militarisée. Nombre d’entraîneurs et de bons joueurs de football, par exemple, provenaient des rangs des régiments.

Combien de ces hommes qui jouaient au football dix ans plus tôt partirent ?
Tout repris…
Peut-être plus que jamais l'on chantait alors le Chant des Cadets.
Car toute à une fin et même la guerre, heureusement, la vie sportive et culturelle reprendra. Gymnastique, football, basketball (dès 1921), athlétisme, tir (l’Oeuvre sera championne d’Ille-et-Vilaine en 1936), cross, natation (une équipe sera même championne de France en 1928) : à nouveau, l’on comptera beaucoup de victoires, de chansons, de beaux moments de cohésion, donc. Bientôt, les théâtreux se réunirent sous le nom de la Ruche Théâtrale, un bel hommage aux activités d'apiculteur de l’abbé Bourdon et une belle métaphore de son projet d’essaimer joie et projets à la jeunesse rennaise.
Et ainsi l’histoire perdura. Au fil du temps, l’on compta toujours plus de membres, de bienfaiteurs. Les oeuvres sociales se multiplièrent, aussi : des colis de vivres pour les mobilisés de 1939, des joyeuses colonies de vacances dès l’Entre deux guerres et, plus tristement, des pensions pour les enfants que certaines dures années eurent laisser orphelins (à ce sujet, près de 25 enfants seront accueillis simultanément des décennies durant).
… pour à nouveau s’arrêter
Et s’il s’agit de mentionner la Seconde Guerre Mondiale, rappelons aussi les tristes événements qui secouèrent la ville de Rennes et l’Œuvre. Ainsi, l’on recensa parmi nos membres des déportations vers le travail obligatoire en Allemagne (plus de 25 dès l’année 1943). Dans la même année, notre établissement devient malheureusement un lieu de stockage de munitions et de matériels de guerre allemands. Heureusement, aucune garnison allemande ne vient s’y installer, tant les généraux trouvèrent les lieux trop inconfortables ! Mais ces entreposages d’armes firent grandement craindre à nos prédécesseurs les bombardements américains qui, heureusement et par chance parfois, épargnèrent leur Œuvre (les Allemands déplacèrent leurs armements quelques jours avant un raid meurtrier venu d’Outre Atlantique qui ravagea le Nord de la ville, par exemple). Cette chance relative n’empêchera pas les membres et de nombreux habitants aux maisons détruites de trouver fréquemment refuge et inquiétude dans les tranchées aménagées sur les prairies de l’Œuvre. Alors qu’on y jouait au football quelques années plus tôt, les coups de sifflet des arbitres sont maintenant remplacés par le vacarme des alarmes de la D.C.A (nouvelle fenêtre).
Mais la Libération adviendra et les libérateurs seront accueillis dans une grande joie par les populations, heureuse de voir enfin les récents et terrorisants combats cessés.
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Des canons à Maison-Blanche, à quelques centaines de mètres de l'Œuvre.
Que le chemin tracé par nos aînés puisse perdurer et serve les générations futures
Alors, notre belle histoire continuera plus paisiblement maintenant les canons silencieux.
En 1950, l’on se réjouira de la construction d’un cinéma puis d’un foyer, dix ans plus tard, face à une montée de l'individualisme déjà regrettée par nos prédécesseurs. Et puis naturellement, dans l’ordre des choses, l’influence des cadres religieux sur l’association diminue et celle-ci s'ouvre encore davantage sur sa ville. En 1983, elle est dirigée pour la première fois par un laïc, Michel Barry. Nous continuerons notre tranquille développement, en phase avec notre époque et à l’écoute de ses soubresauts : pauvreté, SIDA, délinquance sont autant de sujets qu’écouteront nos prédécesseurs les plus jeunes, comme en témoigneront de nombreux rapports d’activité.
En 2007, agitée par des problèmes économiques et inquiète de la vétusté croissante de son bâtiment, l’association réalise que des travaux profonds doivent être menés. Ils s'achèveront en 2021, après un chantier de 3 ans évalué à près de 11 millions d’euros.
Maintenant, de belles et nouvelles histoires restent à écrire. Il s’agit de comprendre pourquoi ce qui fut fait avant l’a été. À nous de comprendre comment nous pouvons nous approprier cet héritage et la passion de nos prédécesseurs pour créer, à notre tour, des récits en phase avec notre époque et les gens que tous les jours nous croisons.
Des archives
Et car c'est encore un brin vide, n'hésitez pas à nous partager vos documents personnels à communication@cadets.fr
